Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU


friction vidéographique

Publié par Carrot mae sur 20 Novembre 2012, 16:47pm

Catégories : #videos

Projet d'installation vidéographique In Situ rendant compte de l'incitation "Friction Vidéographique".

Projet d'installation vidéographique In Situ rendant compte de l'incitation "Friction Vidéographique".

Ma démarche s‘appui sur le thème de « Friction Vidéographique ». Il s’agit d’un projet d’installation In Situ dans « une dent creuse », située Rue Désirée Claude à Saint -Etienne. Daniel Buren travail in situ, il adopte son travail au lieu.

Ce lieu dent creuse est un lieu faisant intervenir la notion de mémoire. Ce lieu a eu un vécu et est maintenant « vide ». Il est plus ou moins ce qu’il reste d’une chose après sa disparition. Je choisit de travailler avec le lieu comme lieu inconnu. Après avoir fait une analyse du site et avoir relevé les différents éléments qui l’a compose tels les couleurs; les lignes; les formes; les volumes; les objets; les sons; les éléments… je choisie de m’intéresser aux matières sous la forme de texture. La texture, ici est l’état de changement d’une matière avec le temps. Elle est la trace d’un matériaux de ce lieu et est donc un fait rétrospectif de ce lieu.

Dans ma vidéo, la texture est une photographie prise de très près afin d’observer les différents détails de celle-ci. Le spectateur se demande alors ce qu’est cette image, difficilement définissable. Le fait de changer la saturation de l’image complique sa lecture. Le spectateur se rend compte alors de ce qui l’entoure, du lieu où il se trouve. John Coplans « relève les moindres détails avec précision: grain de la peau, craquelures, ongles fatigués, stries remontant le long des doigts et plis des articulations. Cela en devient presque obscène, comme si Coplans nous montrait ce que l’on ne peut pas voir. Par un effet grossissant, il accentue les marques laissées par le temps. Et par son sujet, il nous poussent à regarder ce que la société d’aujourd’hui occulte ostensiblement: le corps d’un homme de quatre-vingt ans. ».

Le personnage caressant les différentes textures aide à la lecture de l’image; à la compréhension du court film. La texture de la matière raconte le temps passé depuis la destruction d’un bâtiment inscrit auparavant à cet endroit et donc depuis la naissance du lieu « dent creuse ». Elle remémore d’une certaine façon l’histoire du lieu, et raconte ses « restes ». La texture est donc une trace du temps passé. Les traces évoquent les souvenirs. Dieter Appelt avec « la tache que le souffle produit sur le miroir » fait une captation de l’invisible, le souffle est une trace qui disparaît, il est une trace du momentanément, du temps.

L’image du temps présent renvoi à une image du temps passé et fait donc intervenir la mémoire. Pedro Maïa dans « Memory » travail la matière de la pellicule et les superpositions d’images pour évoquer les souvenir familiaux. Le moment présent est combiné aux expériences passées. Anthony Rousseau dans « matière mémoire mouvement » rejoue les souvenirs en mettant en scène des images qui passent en boucle. La mémoire fait donc appel à quelque chose d’antérieur. Cindy Sherman déclare: « j’essaie d’amener les gens à reconnaître quelque chose d’eux plutôt que de moi, en plongeant dans la mémoire collective comme dans leur inconscient. »

L’accumulation d’image de texture, rapide, vient bombarder le spectateur malgré la fluidifié produite par les transparences et superpositions qui forment une friction d’image. J’utilise la superposition d’images sur le principe de clignotement et des boucles, que l’on retrouve dans « Artificial Light » de Hollis Frampton.

Un effet de transparence, de saturation et de superposition se retrouvent dans le travail de Bernard Voïta qui: « poursuit sur la voie de la double image: une photo trouvée, imprimée sur du verre, et évoquant un paysage se superpose ici à une vue d’atelier - mêlant pans d’architecture et outils de travail - reproduite sur papier. Effet de transparence, illusion d’espaces imbriqués les uns dans les autres, filtres colorés aux tons sourds et aux association subtiles…, autant d’artifices visuels qui concourent à la constructions d’une série de paysages « beaux et intelligents ». Ana Marton dans « série des rouleaux de pellicule imprimés numériquement » travaille la fusion au niveau technique. Elle superpose les différents espaces de représentation photographique, du rouleau de pellicule initial à l’enregistrement de la réalité en deux dimensions.

A travers l’accumulation de ses images comme matière, je cherche à créer une expérimentation. Laurence Barbier dans « le point aveugle » travaille la matière filmique. En dehors du cinéma expérimental, Kim Pimmel dans « compressed 01-02-03 » fait une exploitation de fluides magnétiques. En travaillant mes images, j’obtient un hybridation d’image, un procédé d’image que l’on retrouve dans le travail de Lawick et muller. Joseph Nechvatal dans « Voluptary drOid décOlletage » fabrique une image hybride en créant une interface entre le biologique et le technologique. Des parties du corps se mêlent à des ornements de fleurs ou de fruits dans un collage d’origine virale.

Le spectateur est immergé dans « l’œuvre » par le redoublement du bombardement des images. Plusieurs projections sont présentes pour plus d’apparitions d’images. Cette accumulation plonge le spectateur dans l’ensemble de « l’œuvre ».

J’utilise plusieurs échelles de projections afin d’utiliser le lieu comme support de la projection. Ce lieu peut être une contrainte pour la lecture des vidéos projetées sur les murs, avec les trous et les différents volumes; mais je peux l’exploiter avec les deux carrés blancs qui peuvent faire office d’écran, et adapter différents formats de vidéos avec les couleurs et trous des murs…L’accumulation d’écrans complète l’accumulation d’images ce qui perturbe le spectateur. J’aurai pu recouvrir les trois façades de suédine blanche (tissus doux) afin de faire friction entre le touché de celle-ci et la vue des autres textures de la vidéo. Cependant la compréhension du film aurait été plus difficile et donc entraverait le sens de la vidéo. Raphael Lozano hemmer dans « the legible city » enrichit des bâtiments et des sites par l’ajout d’éléments audiovisuels, qui renvoient à des contextes politiques, historiques… il parle de : « réalisation technologique d’édifice et d’espaces publics par une mémoire virtuelle ».

La personne traversant le site, redécouvre celui-ci avec la vidéo. Il y a une friction entre le réel et l’irréel avec une cadence du corps: le spectateurs découvrant les textures existantes et une cadence du film: le personnage qui se promène à travers celle-ci somme dans un rêve. Germaine Dulac dans « Thème et variations » de 1928 met en scène les sensations du rêve à travers les mouvements, les rythmes fluides, les harmonies de lignes et de lumière tandis que Matt Landry dans « Self Portrait » nous emmène dans le rêve en superposant des pistes vidéos en couches alpha pour exprimer les pensés de l’auteur.

Pour mettre en évidence, ces deux temporalités, j’utilise deux vitesses dans la lecture de la vidéo au niveau de la visibilité des images et du son ralenti qui nous projette dans un autre environnement qui, pourtant est le même.

La fiction se traduit par une sensation de rêve, de vertige, d’une autre temporalité, avec la transparence des images, le double des images; la lenteur des images; les allées-retours; les saturation des couleurs; le son ralenti marquant déformation du réel. Ce son rappel le touché de la texture, le frottement de la texture avec le corps. Le son accompagnent et représente l’image. On retrouve se procédé dans « Spectrogramme et Frise poétique » de Matthew Tyas: « Après plusieurs manipulations et superpositions, la partie musicale improvisée au piano devient une lecture de l’image, et vice versa. L’image elle-même constituée des traces d’un spectre sonore, recouvertes d’interjections de textes, de mots, de lignes et d’espaces dessinés évoque des pensées en désordre, en strates, à suivre aussi sans perdre le fil. La vidéo défile, montrant d’emblée plusieurs niveaux et moments (ou rythmes) de lectures, selon que le regard divague dans l’image, s’attache à certains détails ou pas, etc. »

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents